Le gerbage, une opération à risque à chaque hauteur
Le gerbage désigne l'opération qui consiste à empiler ou à ranger une charge en hauteur, que ce soit par empilement direct d'une charge sur une autre (gerbage au sol) ou par mise en place dans une alvéole de rayonnage métallique (gerbage en palettier). Le dégerbage est l'opération inverse, qui consiste à reprendre une charge déjà stockée en hauteur pour la redescendre.
Ces deux opérations combinent plusieurs facteurs de risque déjà abordés séparément dans ce dossier : la charge est levée, ce qui déplace le centre de gravité combiné du chariot vers le haut et réduit sa marge de stabilité ; elle est souvent positionnée avec un léger déport le temps de l'ajuster dans son emplacement final ; et l'opération se déroule fréquemment à proximité immédiate d'une structure de rayonnage, avec un espace de manoeuvre réduit qui laisse peu de droit à l'erreur.
La vitesse d'exécution ne doit jamais primer sur la précision du geste lors d'un gerbage ou d'un dégerbage : une correction de trajectoire brusque une fois la charge engagée dans une alvéole de rayonnage, à hauteur, est un facteur de risque en soi, aussi bien pour la stabilité du chariot que pour l'intégrité de la structure de rayonnage.
La méthode de prise et de dépose de charge
La prise d'une charge au sol ou en rayonnage bas commence par un positionnement du chariot bien face à la charge, fourches à hauteur adaptée avant l'engagement, pour éviter tout mouvement latéral de correction une fois les fourches insérées sous la charge. Les fourches doivent être engagées sur toute la profondeur possible de la palette ou du support, afin de répartir correctement le poids et d'éviter un porte-à-faux qui déstabiliserait la charge en cours de déplacement.
Pour une prise en hauteur, dans une alvéole de rayonnage, le chariot doit être positionné bien perpendiculairement face à l'alvéole avant toute élévation, la trajectoire d'engagement des fourches devant être aussi rectiligne que possible pour éviter tout contact avec la structure du rayonnage ou avec une charge adjacente. Toute correction de trajectoire doit être effectuée fourches à une hauteur réduite, jamais une fois la charge déjà engagée en hauteur dans l'alvéole.
La dépose suit une logique symétrique : approche lente et rectiligne, vérification visuelle que l'emplacement est libre et que la charge sera correctement positionnée sur les traverses ou lisses du rayonnage avant de dégager les fourches, puis retrait des fourches en marche arrière, doucement, en vérifiant qu'aucun élément de la charge déposée ne reste accroché.
- 01Positionner le chariot bien face à la charge ou à l'alvéole, fourches à la hauteur adaptée avant l'engagement
- 02Engager les fourches sur toute la profondeur possible pour éviter un porte-à-faux
- 03Effectuer toute correction de trajectoire fourches basses, jamais une fois la charge engagée en hauteur
- 04Vérifier visuellement que l'emplacement de dépose est libre et adapté avant de dégager les fourches
- 05Retirer les fourches doucement, en marche arrière, en vérifiant l'absence d'accrochage
Les règles propres au stockage en palettier
Un palettier, ou rayonnage métallique pour palettes, doit afficher de façon lisible la charge maximale admissible par niveau et par section, une information dont le respect conditionne directement la stabilité de l'ensemble de la structure. Un cariste qui gerbe une charge dans un palettier doit connaître, ou pouvoir consulter facilement, cette charge maximale par niveau, au même titre qu'il doit connaître la capacité de son chariot par l'abaque de la plaque de charge.
Le respect de la répartition des charges au sein d'un même niveau de rayonnage participe également à la stabilité globale de la structure : une charge concentrée sur un seul point d'un niveau plutôt que répartie sur la portée disponible peut solliciter la structure de façon non prévue par sa conception, indépendamment du respect apparent de la masse totale admissible.
Les montants et lisses des palettiers doivent faire l'objet d'une surveillance régulière, notamment après un contact accidentel avec un chariot : un montant déformé, même légèrement, doit être signalé et faire l'objet d'une inspection avant que le niveau concerné continue d'être utilisé. Les dispositifs de protection des pieds de montants, souvent de couleur vive, sont conçus pour absorber de légers chocs de chariot, mais ne dispensent pas d'un signalement en cas de choc plus marqué.
Le dégerbage : des risques propres à la reprise d'une charge en hauteur
Le dégerbage, c'est-à-dire la reprise d'une charge déjà stockée en hauteur pour la redescendre, présente des points de vigilance qui ne sont pas simplement le symétrique de ceux du gerbage. Une charge stockée depuis un certain temps peut avoir subi un léger tassement, un déplacement de son emballage, ou une dégradation de sa palette, qui n'étaient pas visibles au moment de sa mise en place et qui peuvent modifier son comportement au moment de la reprise.
Avant d'engager les fourches dans une charge à dégerber, un contrôle visuel de son état apparent doit être réalisé autant que la position en hauteur le permet : une palette visiblement endommagée, un film ou un cerclage rompu, ou une charge dont l'aplomb paraît irrégulier doivent conduire à une prudence renforcée, voire à un signalement avant toute tentative de reprise si un doute sérieux existe sur la tenue de la charge.
Le dégerbage d'une charge placée au-dessus d'une autre, en gerbage direct sans rayonnage intermédiaire, présente un risque supplémentaire propre à cette configuration : la charge du dessus peut avoir pris appui de façon irrégulière sur celle du dessous, avec un risque de basculement au moment où les fourches viennent la dégager. Cette configuration exige une approche particulièrement lente et une vigilance sur le comportement de la charge dès les premiers centimètres de levée.
Que faire en cas de choc contre un rayonnage
Un choc, même léger en apparence, entre un chariot ou sa charge et la structure d'un rayonnage doit toujours être signalé, y compris lorsque le montant ou la lisse touchés semblent visuellement intacts. Une déformation structurelle n'est pas toujours détectable à l'oeil nu immédiatement après le choc, et un rayonnage métallique fonctionne comme un système dont la résistance globale peut être affectée par un défaut localisé sur un seul élément.
Le signalement systématique, plutôt que l'appréciation individuelle de la gravité apparente du choc, permet une inspection par une personne compétente avant que le niveau ou la travée concernée ne continue d'être chargée. C'est un principe identique à celui qui s'applique pour un défaut constaté lors de la vérification de prise de poste : signaler et laisser trancher, plutôt qu'évaluer soi-même si la situation est suffisamment grave pour justifier une alerte.
Questions fréquentes
Peut-on corriger la position d'une charge une fois qu'elle est engagée en hauteur dans un rayonnage ?
Comment connaître la charge maximale d'un niveau de palettier sur un site donné ?
Un léger contact avec un montant de rayonnage doit-il toujours être signalé ?
▸ Sources
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