Trois acteurs pour une mission de cariste
Une mission d'intérim de cariste implique toujours trois parties : l'entreprise de travail temporaire (ETT, l'agence d'intérim), qui reste l'employeur juridique du cariste ; l'entreprise utilisatrice, celle qui accueille effectivement le cariste sur son site pour la durée de la mission ; et le cariste intérimaire lui-même. Le guide consacré à ce qui change légalement pour l'intérimaire détaille déjà le mécanisme de l'autorisation de conduite dans cette configuration à trois. Ce guide-ci se concentre sur le fonctionnement concret de la relation d'emploi : ce que contient le contrat, ce que touche le cariste à la fin d'une mission, et comment s'organise la succession des missions.
Le contrat de mission : ce qu'il doit contenir
Chaque mission d'intérim donne lieu à un contrat de mission écrit, distinct du contrat de travail temporaire qui lie plus largement le cariste à son agence. Ce contrat de mission précise l'entreprise utilisatrice, la durée prévue de la mission, le motif de recours à l'intérim, le poste occupé et la qualification requise, ainsi que la rémunération. Le Code du travail pose un principe d'égalité de rémunération entre le salarié intérimaire et un salarié permanent de l'entreprise utilisatrice qui occuperait le même poste avec une qualification équivalente : un cariste intérimaire ne doit pas être moins bien payé, à poste et qualification comparables, qu'un cariste en CDI de l'entreprise qui l'accueille.
Pour un cariste, une attention particulière doit porter sur la mention précise de la catégorie de CACES® exigée pour le poste, qui doit correspondre au certificat réellement détenu, et sur la durée de la mission, qui conditionne notamment le calcul des indemnités versées à son terme.
Les indemnités versées à la fin de chaque mission
Deux indemnités distinctes sont versées au cariste intérimaire à l'issue de chaque mission, en plus de son salaire. L'indemnité de fin de mission (IFM), prévue par l'article L1251-32 du Code du travail, compense la précarité de la situation de l'intérimaire lorsque la mission ne débouche pas immédiatement sur un contrat à durée indéterminée avec l'entreprise utilisatrice. Elle est égale à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission, renouvellements compris, sauf disposition plus favorable d'une convention collective. L'article L1251-33 prévoit toutefois des cas où cette indemnité n'est pas due, notamment en cas de rupture de la mission à l'initiative du salarié, de faute grave, ou de force majeure.
L'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP), prévue par l'article L1251-19, répond à une autre logique : le Code du travail ne permet pas la prise de congés payés en cours de mission d'intérim, cette indemnité les compense donc systématiquement, quelle qu'ait été la durée de la mission. Son montant ne peut être inférieur à 10 % de la rémunération totale brute perçue pendant la mission, sans intégrer l'IFM dans son calcul. Les deux indemnités sont versées en même temps que le dernier salaire de la mission et apparaissent sur le bulletin de paie correspondant.
| Indemnité | Base légale | Montant minimal | Objet |
|---|---|---|---|
| Indemnité de fin de mission (IFM) | Article L1251-32 | 10 % de la rémunération brute totale | Compenser la précarité de la situation |
| Indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) | Article L1251-19 | 10 % de la rémunération brute totale | Compenser l'impossibilité de prendre des congés en mission |
Le CDI intérimaire, une troisième voie
Le CDI intérimaire (CDII) combine les deux logiques : le cariste signe un contrat à durée indéterminée avec l'agence d'intérim elle-même, et non avec une entreprise utilisatrice, tout en enchaînant des missions chez différentes entreprises utilisatrices au fil du temps, chacune donnant lieu à une lettre de mission. Contrairement à une mission d'intérim classique, dont la durée reste encadrée, une mission réalisée dans le cadre d'un CDI intérimaire peut s'étendre sur une durée plus longue.
Ce statut garantit une rémunération mensuelle minimale même entre deux missions, ce qui répond directement à la logique de précarité que l'IFM cherche à compenser dans l'intérim classique : un salarié en CDI intérimaire ne perçoit d'ailleurs pas d'IFM ni d'indemnité de précarité, puisque la stabilité de son contrat en tient déjà lieu. Une mission proposée dans ce cadre doit par ailleurs respecter un plancher de rémunération par rapport à la mission précédente, ce qui protège le salarié d'un enchaînement de missions à la baisse.
Ce qui suit le cariste d'une mission à l'autre
Le CACES® du cariste, comme détaillé dans le guide consacré à sa validité, reste valable sur toute sa durée de cinq ans quel que soit le nombre de missions ou d'entreprises utilisatrices traversées. Ce qui change en revanche à chaque mission, c'est l'autorisation de conduite, que doit délivrer l'entreprise utilisatrice qui accueille le cariste, ainsi que la connaissance des lieux et des consignes propres à ce nouveau site.
L'entreprise de travail temporaire, de son côté, garde un rôle de suivi administratif entre les missions : elle vérifie généralement que le CACES® et l'attestation médicale du cariste restent valides avant de le positionner sur une nouvelle mission qui les exigerait, une coordination qui allège d'autant la charge de suivi pour le cariste lui-même.
Développer une relation durable avec son agence
Un cariste qui enchaîne les missions avec sérieux, en respectant les délais de prévenance et en communiquant clairement ses disponibilités, se voit généralement proposer des missions plus régulières ou plus longues par son agence, qui a intérêt à fidéliser les profils fiables plutôt qu'à repartir de zéro à chaque recherche. Cette relation de confiance construite avec une agence, ou avec plusieurs agences en parallèle, constitue souvent le principal levier de stabilité pour un cariste qui reste en intérim classique sans passer par un CDI intérimaire.
Maintenir ses propres justificatifs à jour, CACES® et attestation médicale en tête, sans attendre que l'agence les réclame, reste le réflexe le plus simple pour être positionné rapidement sur une nouvelle mission dès qu'elle se présente.
Questions fréquentes
Un cariste intérimaire touche-t-il le même salaire qu'un cariste en CDI sur le même poste ?
Qu'est-ce que l'indemnité de fin de mission ?
Le CDI intérimaire supprime-t-il ces indemnités ?
Faut-il repasser son CACES® à chaque nouvelle mission ?
▸ Sources
- Article L1251-32 - Code du travail, Légifrance
- Article L1251-19 - Code du travail, Légifrance
▸ PASSER À L'ENTRAÎNEMENT
Passez de la théorie à l'épreuve chronométrée.
Vous visez ce métier ? Entraînez-vous au format du QCM théorique CACES® (R489, R485, R486), au programme des recommandations Cnam. Aperçu gratuit sans compte, puis un test complet par jour avec un compte, sans carte bancaire.
Déjà décidé ? Un abonnement ouvre tous les tests en illimité.
Voir nos offres de préparation →Sans carte bancaire · On compte les bonnes réponses · Garantie 14 jours